Armistice (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XVII e siècle. Emprunté du latin médiéval armistitium, formé à l'aide du latin arma, « arme(s) », et statio, « état d'immobilité ». Arrêt provisoire des hostilités convenu entre des belligérants. Conclure un . Signer un . Dénoncer, rompre l'armistice, y mettre fin. Un de quelques jours. La commémoration de l' du 11 novembre 1918.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Arrêt provisoire des hostilités convenu par les combattants. "Conclure un . Dénoncer, rompre l'armistice. Armistice de quelques jours."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 


Suspension d'armes.

REMARQUE
    Armistice ne commence à se trouver dans les dictionnaires de l'Académie qu'à partir de 1762, où il est féminin ; l'Académie, dans sa dernière édition, a rectifié cette erreur, ne devant pas plus être féminin que solstice. Richelet, édit. 1759, le fait correctement du masculin, ajoutant qu'il se trouve dans les traités de paix et de guerre et dans quelques gazettes, mais que peu de gens l'approuvent. Aujourd'hui l'usage l'a pleinement reçu et approuvé.

ÉTYMOLOGIE
    Arma, armes, et stitium inusité, arrêt, de stare, s'arrêter (voy. STATION).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
    ARMISTICE. Ajoutez :
    Armistice mobile, voy. MOBILE, n° 4.

REMARQUE
    C'est une faute populaire assez commune de dire amnistie pour . Il paraît que le général Bonaparte faisait cette confusion. Voici du moins ce que le comte Miot de Melito raconte en note au tome 1er, p. 90, de ses Mémoires, en parlant d'un conclu par le général Bonaparte à Brescia le 5 juin 1796 (19 prairial an IV) : ' Il se servit du mot amnistie, et fit dans toute la conversation presque toujours cette faute. '


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Suspension d'armes. "Un long . Convenir d'un . Rompre l'armistice. Armistice de quelques jours. L' fut de courte durée, ne tarda pas à cesser, à expirer."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Suspension d'armes. "Un long . Convenir d'un . Rompre l'armistice. Armistice de quelques jours. L' ne fut pas de durée, ne tarda pas à cesser, à expirer".



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

Il y a peu de gens qui aprouvent ce mot, disait-on dans le "Dict. de Trév." dès 1704. "Richelet" dit aussi, que ce terme était rejeté de plusieurs. C'est un mot de Gazette: on dit plutôt "suspension d'armes".
- M. "Moreau" s'en est servi. 'Le Traité de Francfort ne fut qu'"un ".
- L'"Acad." le met sans remarque et sans doner d'exemple. Je crois qu'il n'est pas du beau style, et que "trève", "suspension d'armes" sont préférables.




Emplacement dans le dictionnaire :

arménien
armer
armes
armet
armillaire
armille
armillé
armilles
arminien

armoire
armoiries
armoise
armorial
armoricain
armorier
armure
armûre
arn
aroïdées
aromate




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...pas compte de tous les éléments. Chercher l'équilibre stable et le repos à une pareille époque, c'est chercher l'impossible ; on est fatalement dans le provisoire et l'instable. Le calme n'est qu'un armistice, un point d'arrêt pour prendre haleine. L'humanité, quand elle est fatiguée, consent à surseoir ; mais surseoir n'est pas se reposer. Il est impossible à la société de trouver le calme dans un état...


Citation n°2 de Émile ZOLA (La Débâcle)

...empereur que pour la défaite ; le premier, le seul ordre qu'il devait donner encore, dans la pitié effarée de son coeur, allait être de hisser le drapeau blanc sur la citadelle, afin de demander un armistice. -oh ! Ce canon, ce canon ! ... prenez un drap, une nappe, n'importe quoi ! Courez vite, dites qu'on le fasse taire ! L'aide de camp se hâta de sortir, et l'empereur continua sa marche vacillante,...


Citation n°3 de Émile ZOLA (La Débâcle)

...l'unique concession avait fini par être que ceux d'entre les officiers qui prendraient, par écrit et sur l'honneur, l'engagement de ne plus servir, pourraient se rendre dans leurs foyers. Enfin, l'armistice devait être prolongé jusqu'au lendemain matin, à dix heures. Si, à cette heure-là, les conditions n'étaient pas acceptées, les batteries prussiennes ouvriraient le feu de nouveau, la ville serait brû...


Citation n°4 de Charles SAINTE-BEUVE (Volupté)

...moment de passer, un courrier, que le capitaine reconnut à l'instant pour être à l'empereur, déboucha au galop. Le capitaine le cria par son nom et se porta vers lui. Trois mots : grande victoire, armistice, paix avant huit jours, volèrent dans un éclair. Le capitaine devint pâle comme un mort, son oeil était fixe, il se tut, et son cheval continua de le mener. Mais au milieu du pont, à l'ancienne...


Citation n°5 de Louis de BONALD (Législation primitive considérée dans les derniers temps par les seules lumières de la raison)

...et il doit être permis, même au fort de la guerre, à tous envoyés ou messagers de paix de passer et repasser librement à travers les pays occupés par les armées ; et toute cessation d'hostilités par armistice, trève ou capitulation, cartel d'échange, conventions préliminaires ou définitives, doit être religieusement exécutée. II la cessation de la guerre entre deux nations les fait rentrer dans l'ordre gé...


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